Bigbaiting : l’enseignement du Troll (3/3)

3Selon Dalien, par eau claire une Line Thru Trout de quarante centimètres attirent les poissons dans un faisceau de dix à quinze mètres. C’est selon lui l’atout principal de ce leurre. C’est un leurre qui ratisse bien plus efficacement que ne peut le faire un pêcheur en powerfishing. En un lancé avec un tel bigbait, le pêcheur fait le boulot de six ou sept lancés avec un crankbait en powerfishing… avec l’avantage d’être davantage susceptible d’intéresser un gros poisson.

Bien sûr, un leurre comme la Line Thru Trout de quarante centimètres fait carrément peur au pêcheur. Même Dalien, pourtant expert du bigbaiting, témoigne qu’il trouvait à sa sortie ce leurre franchement trop gros, même pour lui ! C’est quand il a commencé à obtenir des résultats de plus en plus importants qu’il s’est habitué à l’idée que ce n’est pas un leurre si gros que cela. Il en va exactement de même pour vous avec un leurre de vingt centimètres. Cela peut vous sembler gros, mais une fois que vous serez habitué à pêcher avec, et que vous prendrez vos premiers poissons, ce sont les jerkbait minnows et les spinnerbaits de quatorze grammes qui vous paraîtront ridiculement petits. Vous vous surprendrez peut-être un jour à vous dire : « mais pourquoi un brochet irait-il happer un leurre de douze centimètres ? ». Cela vous paraîtra incongru. En attendant, placez côte-à-côte une Line Thru Trout de vingt centimètres et une autre de quarante… Dîtes-vous alors que vous êtes loin de flirter avec les limites !

Un dernier point : je devine que vous pensez que nous parlons ici exclusivement de brochets. Dalien pense lui tout autant au sandre. Il faut dire que sa toute première capture au Line Thru Trout Swim Bait de quarante centimètres fut… un sandre de quatre-vingts seize centimètres !

2Un brochet d’un mètre engouffre sans problème et complètement une Line Thru Trout de quarante centimètres. Aussi, si un pêcheur vous dit que votre modèle de vingt centimètres est trop gros, c’est que vous avez affaire un pêcheur du dimanche. Bien sûr, je ne vous invite pas à acheter un tel steak de sept-cents trente grammes, je ne vous dis pas non plus qu’un petit leurre ne peut pas prendre un grand poisson ou un gros leurre un juvénile. Tout ceci est d’ailleurs hors propos. Quand j’entends ce genre de réflexion de la part d’un pêcheur, j’ai envie de me prendre la tête entre les mains… C’est exactement comme si quelqu’un vous disait : « ah ! Mais j’ai un ami qui est tombé du septième étage, et il est indemne ! » Cela veut-il dire qu’il est sans risque de sauter du toit d’un immeuble ? Inversement, prétendre que les gros leurres ne font que des gros poissons reviendrait à dire qu’il neigera tous les hivers à Limoges. Sauts nomologiques et modus tollens sont à proscrire à égalité. Pêcher revient à jouer avec des statistiques, mieux : à les déjouer. S’il y a dix pourcents de brochets de plus d’un mètre dans mon plan d’eau, comment opérer pour qu’ils représentent plus de dix pourcents de mes prises à la fin de l’année ? Voilà en quoi consiste notre démarche. Il y aura toujours des anecdotes pour masquer les données comme on dit l’arbre qui cache la forêt, mais il y aura aussi toujours de meilleurs pêcheurs, plus fins, plus malins, pour faire de cette forêt un joli tas de poutres…

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