7 questions à… Hugo MOUROCQ

 

Numa Fishing : Bonjour Hugo. Rappelons que tu as 23ans, que tu habites à Nantes et que tu as intégré l’équipe Mad début 2016. Peux-tu nous dire depuis combien de temps pêches-tu ? Pourquoi t’es-tu orienté vers cette technique ?

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Hugo Mourocq : Je pêche depuis mes 7 ou 8 ans, un virus qui ne m’a plus quitté depuis. Comme nombre d’entre nous, j’ai débuté avec les cannes en bambous que me fabriquait mon père. Au départ, je ne recherchais pas un poisson en particulier. Puis au cours d’une pêche avec mon pote de toujours, nous sommes tombés sur une carpe. Notre matériel n’étant pas adapté à un poisson de ce gabarit, il a fallu s’y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à sortir ce poisson. La grande méfiance de la carpe et son énergie durant le combat nous a tout de suite rendu accro. C’était décidé, cette belle dame ne devait plus avoir de secret pour nous et nous voulions en capturer le plus possible, revivre cette sensation exceptionnelle

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Numa Fishing : Qu’est-ce qui te fascine dans ta technique de prédilection ? Pourquoi ,en somme, es-tu resté fidèle à ce poisson ou à cette technique ?

miroirHugo Mourocq : Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que la pêche de la carpe nécessitait une approche bien particulière et une adaptation de tous les instants. Il n’y a pas de vérité absolue, pas de théorie préconçues que l’on pourrait appliquer partout, tout le temps. Il faut sans cesse réfléchir, essayer, bousculer sa manière de voir les choses. Ce besoin de réapprendre à chaque instant, de sans cesse découvrir une nouvelle approche me plaît énormément. La carpe, on peut la pêcher au fond, entre deux eaux, au bouchon, à la mouche, à la bouillette, au vers, à la graine, certains sujets peuvent même s’attaquer à un vif ! J’aime ce processus d’apprentissage dans lequel on doit rentrer pour réussir à mettre une carpe au sec.

Numa Fishing : D’ailleurs, quelles sont tes techniques ou tes approches favorites ?

Hugo Mourocq : Malgré toutes les possibilités qui s’offrent à nous pour piéger une carpe, la partie n’est jamais gagné d’avance. Au contraire, les échecs sont souvent au rendez-vous. Mais ces échecs apportent à chaque fois une information supplémentaire pour qui veut bien prendre la peine de s’y attarder plutôt que d’invoquer la fatalité. 

Parmi toutes les approches à notre disposition, j’apprécie particulièrement la pêche d’obstacles. Et qui dit pêche d’obstacles dit souvent pêche de bordures : un arbre immergé, des herbiers ou des nénuphars sont des spots que je vais prospecté à fond. La pêche à longue distance n’étant pas ma tasse de thé, j’essaye au maximum de pêcher dans mes pieds ou alors j’utilise un bateau pour déposer mes pièges de la meilleure des façons. Dans tous les cas, je suis extrêmement attentif à ce que mon montage soit pêchant en toutes circonstances. A mon avis, un bon nombre de « faux départ » voir de « non-départ » est lié à une mauvaise dépose du bas de ligne. Du coup, je suis un maniaque sur ce point là !

Numa Fishing : Peux-tu présenter ton matériel ? Pourquoi cette canne, ce bait, ce montage et pas un autre ?

ile-lacanauHugo Mourocq : Vous l’avez compris, je ne fais pas dans la finesse pour pratiquer mes pêches à proximité des obstacles. On parle souvent de combinaison canne / moulinet mais ce qui est incontournable, je pense, c’est surtout la combinaison moulinet / corps de ligne. Personnellement, j’estime avoir trouvé ce qui me correspond avec les Quick SLS DLX 970 FD garnis de la tresse Mad Sinking Camou Braid en 0,30mm. Ce sont des moulinets ultra fluide avec une grande récupération et une oscillation ultra-lente, super costaud avec ses composants en inox. La tresse est une petite merveille de solidité, elle ne m’a jamais fait défaut.

En ce qui concerne les montages, je suis un adepte des esches équilibrés façon bonhomme de neige.  Avec une tresse gainée et dénudée seulement 2-3cm avant l’hameçon (souvent les Mad Razor X qui ont une grande ouverture) afin de garder de la rigidité pour éviter les emmêlements. Je rajoute également une petit gaine thermorétractable pour faciliter la bascule de l’hameçon lorsque le poisson recrache l’esche. Il suffit ensuite d’adapter la taille des hameçons et du diamètre de la tresse en fonction du type de pêche et vous obtenez mon bas de ligne passe-partout.

Numa Fishing : Où aimes-tu pêcher ?

Hugo Mourocq : Mes lieux de pêches sont souvent fonction de la tranquillité que j’aime ressentir quand je suis au bord de l’eau. J’essaye aussi au maximum de rechercher des poissons qui ne sont pas matraqués ce qui va souvent de pair avec mon premier critère de tranquillité. Du coup, je pratique beaucoup les rivières et grands lacs. Ce sont des lieux souvent sauvages, préservés et qui réservent de belles (et parfois grosses) surprises.

Numa Fishing : T’es-tu fixé des objectifs pour 2017 ?

Hugo Mourocq : Bien-sur ! Se fixer des objectifs est une manière pour moi de planifier et d’organiser mon année afin de ne pas s’éparpiller et d’optimiser mon temps de pêche. En revanche, je ne résonne jamais en terme de nombre de prises ou de record de poids à atteindre. Je préfère me projeter sur des lieux en particuliers à découvrir. L’année 2017 sera surtout consacrée à la réalisation d’un long-métrage avec les copains d’Escape Feeling et Mad. La finalité de ce gros projet sera de le présenter au salon de Montluçon 2018. Plusieurs lieux retiennent déjà notre attention mais rien n’est encore déterminé. Nous y travaillons depuis un moment mais le plus dur reste à faire car filmer à la pêche est un exercice usant et demandant une bonne dose de créativité.

Numa Fishing : Quel conseil donnerais-tu à un débutant ?

 Hugo Mourocq : De prendre du plaisir avant tout. Il ne faut pas perdre de vue que les moments passés au bord de l’eau doivent être vecteurs de bonheur et de bien -être. Sinon, plutôt qu’un conseil technique, je préfère recommander aux débutants de s’armer de patience et de détermination. C’est une pêche qui peut parfois paraître ingrate. Mon entourage me demande souvent quel plaisir j’éprouve à rester deux jours dans le froid et la pluie sans parfois sortir de poisson. A mon avis, il faut savoir prendre le plaisir autrement que dans la seule capture. Sortir de notre train-train quotidien est déjà un luxe suffisant à justifier notre passion. A chacun de vivre sa passion comme il le souhaite dans le respect de la nature qui nous entoure.

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